CAS CONCRET · TRANSMISSION · USUFRUIT TEMPORAIRE

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Usufruit temporaire : transmettre la nue-propriété tout en conservant les revenus pendant 15 ans.

Lorsqu’un client souhaite transmettre la propriété future d’un actif tout en conservant, pour une période définie, les revenus ou l’usage attachés à cet actif, l’usufruit temporaire ne se résume ni à un pourcentage fiscal ni à un simple calendrier. Ce cas concret distingue l’objectif familial, le barème d’assiette et les contrôles qui doivent précéder un acte.

CGI, art. 669, II · Code civilRègles vérifiées le 10 septembre 2026

Le dossier : un actif de 500 000 €, des revenus à conserver jusqu’en 2041.

Un couple détient un actif valorisé à 500 000 € et souhaite anticiper une transmission à un enfant majeur. Il veut conserver les revenus de l’actif pendant quinze ans afin de financer son train de vie, puis laisser la pleine propriété se reconstituer au terme. Le dossier suppose, uniquement pour rendre le calcul reproductible, que la valeur de pleine propriété est déjà documentée, que le droit est constitué pour une durée fixe de quinze années et qu’aucune dette, donation antérieure, indivision ou clause particulière ne modifie le périmètre.

Le choix à instruire n’est pas « 46 % ou 54 % ». Il est d’abord de savoir quel droit est donné, sur quel actif, pour quelle durée, avec quels revenus et quelle organisation de gestion. L’usufruitier a vocation à jouir de la chose tout en en conservant la substance, selon l’article 578 du Code civil ; les droits et obligations effectifs doivent être relus dans l’acte et selon la nature de l’actif.

Comprendre : deux périodes fiscales pour une durée de quinze ans.

L’article 669, II du CGI prévoit que l’usufruit constitué pour une durée fixe est estimé à 23 % de la valeur de la pleine propriété pour chaque période de dix ans, sans fraction et sans égard à l’âge de l’usufruitier. Dans ce cas, quinze ans correspondent à deux périodes : la valeur fiscale de l’usufruit ressort à 46 % de 500 000 €, soit 230 000 €, et celle de la nue-propriété à 54 %, soit 270 000 €.

Le mot « sans fraction » est déterminant : dix ans conduisent à une quotité de 23 %, onze ans à 46 %. Le taux est plafonné à 100 % de la pleine propriété. Ces quotités servent au calcul de l’assiette dans le champ prévu par le texte ; elles ne constituent pas une prévision de loyers, une valeur de marché du droit ni un calcul de droits exigibles.

Simuler : contrôler l’assiette avant de parler de droits.

Le simulateur d’usufruit temporaire applique cette règle en indiquant le nombre de périodes de dix ans retenues, la valeur fiscale de l’usufruit et celle de la nue-propriété. Cas de contrôle : 500 000 € et 15 ans donnent 2 périodes, 46 % / 54 %, soit 230 000 € / 270 000 €. Avec la même valeur et une durée de 10 ans, le résultat attendu est 23 % / 77 %, soit 115 000 € / 385 000 €.

Le simulateur ne calcule pas les droits de donation. Avant toute estimation fiscale, le professionnel doit notamment vérifier le lien de parenté, les abattements éventuellement disponibles, les donations antérieures, la date, les exonérations possibles, les frais et la situation des autres parties. La lecture des plafonds de donation d’argent illustre un autre mécanisme : elle ne s’applique pas automatiquement à ce dossier.

Conseiller : quatre contrôles avant de retenir l’usufruit temporaire.

1. Qualifier l’actif et le droit transmis.

Immobilier loué, portefeuille de titres, parts sociales ou contrat ne produisent pas nécessairement les mêmes revenus ni les mêmes droits de gestion. Recueillir le titre de propriété, les statuts ou conditions contractuelles, les comptes de revenus, les dettes et les garanties. Identifier qui perçoit les fruits, qui décide des arbitrages ou de la cession, et ce qui se passe au terme.

2. Documenter la valeur et la date.

Le chiffre de 500 000 € est une hypothèse de travail, pas une preuve. Conserver la méthode de valorisation, les comparables, la date, les décotes ou surcotes éventuelles et les documents du professionnel qui l’établit. Le barème fiscal ne corrige pas une valeur de pleine propriété insuffisamment justifiée.

3. Mettre les revenus et les charges sur la même ligne de temps.

Le besoin de revenus pendant quinze ans doit être confronté aux flux effectivement attendus, aux travaux, à l’endettement, aux prélèvements et aux aléas de vacance ou de marché. La cartographie de la capacité d’épargne aide à distinguer un revenu projeté, une réserve de liquidité et un besoin de financement.

4. Faire valider l’acte et la fiscalité applicable.

La durée, l’extinction du droit, les pouvoirs de gestion, la vente éventuelle, le remploi du prix, la répartition des charges et l’information des parties doivent être organisés. Démembrement, droits de mutation, IFI, abus de droit, impôt sur le revenu et règles propres aux sociétés ou aux contrats ne se déduisent pas du seul taux de 23 %.

Application professionnelle : une restitution en trois niveaux.

Présenter d’abord l’objectif : conserver des revenus jusqu’à une date déterminée tout en préparant une transmission. Montrer ensuite le calcul d’assiette : valeur documentée, durée fixe, périodes de dix ans et quotités de l’article 669. Terminer par les validations : nature de l’actif, droits de chaque partie, revenus et charges, fiscalité du donateur et du donataire, actes et intervenants compétents. Cette séquence évite de faire passer un résultat mécanique pour une recommandation.

Limites, sources et avertissement.

Règles vérifiées le 10 septembre 2026 : Légifrance — CGI, article 669 ; BOFiP — évaluation de l’usufruit et de la nue-propriété ; Légifrance — Code civil, article 578. Le cas exclut la détermination de la valeur, droits, abattements, donations antérieures, réserve, indivision, financement, revenu réel, IFI, fiscalité des revenus, abus de droit, clauses et droit applicable. Cette publication est une information générale, non un conseil juridique, notarial, fiscal, financier, assurantiel ou patrimonial personnalisé. Une analyse des actes et une validation par les professionnels compétents sont nécessaires avant toute décision.